Monday, March 15, 2010
Une journée au bistrot !
Sunday, March 14, 2010
Deux femmes engagées dans la diffusion de la culture des Afrique
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Monday, January 11, 2010
Comme le corbeau, le renard et la musaraigne
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Wednesday, January 06, 2010
Berlin
Berlin. Le froid. Première sensation à laquelle il faut s'habituer. Des grands espaces, des couleurs à foison, ces rues jonchées de graffitis, la créativité de l’homme exprimée en plein jour à la portée de tous, de chaque œil curieux, du passant, qui dans une errance indéterminée, se laisse emporter par la vague des terrains vagues. Le froid. Toujours le froid. Le corps s’éduque pour le plus grand plaisir de l’esprit en quête d’émotions inconnues au cœur d’un territoire riche, très riche, où l’histoire bat son plein et s’évoque au présent. L’histoire d’une cité pour toujours nourrie de son passé. Une cité, aussi et surtout, admirablement tournée vers l’avenir. Bien plus que les autres. En retard et soudainement en avance. En vogue. Puis le froid. Toujours le froid. Cet hiver terriblement séduisant. Ces artères nappées de blanc que nous découvrons tour à tour pour mieux se laisser surprendre. Se perdre. Se laisser guider. S’émerveiller. La vision d’un café feutré. L’ambition d’y pénétrer pour déguster une boisson chaude, s’imprégner de l’atmosphère, du décor, de la chaleur humaine, de la vie qui continue, de tous ces sourires croisés et échangés dans une capitale qui, enfin, s’emballe. Elle semble en paix. En paix.
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Tuesday, December 01, 2009
En ligne droite (petite histoire)
Les paysages alternants entre murs anti-sons et bandes de gazon purement décoratrices, les barrières de sécurité, les voitures doublées à la file, l’asphalte…à cette vitesse, tout te paraît flou.
Sur les côtés et derrière toi, tout n’est que défilement de tâches.
Dans l’habitacle, par-dessus le boucan du moteur hurlant ses chevaux, avec tout qui tremble autour de toi, tu peux t’entendre beugler :
_ Putain Matt, si tu voyais !
Avec la mécanique emballée, la pédale d’accélérateur fermement coincée au maximum, quiconque serait assis à côté de toi n’aurait perçu qu’un vague écho de cordes vocales.
Il faut dire que personne n’est réellement là pour t’entendre.
T’as juste envie de dire : _ Matt, p’tit, frangin, frérô, si tu voyais ça, tu s’rais vraiment fier.
La vision périphérique réduite au point de ne voir qu’un minuscule bout de route, ce point dans l’axe de ta vue qui est clair, tellement clair, c’est comme de regarder à travers la lunette de ton fusil. La cible, quelques secondes avant d’appuyer sur la gâchette tandis que d’un seul œil tu suis chaque mouvement, elle remplace le reste. De ce qui t’entoures, tu n’en gardes qu’une lointaine conscience. Ta cible, avant que tu ne l’abattes, elle est ton centre du monde.
Elle est le monde.
Et puis…
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Tuesday, November 24, 2009
De l'emploi du latin : quelques considérations sur la valeur et les usages d'une langue morte

« J’étais conscient de chacun de mes pas.
Ils sonnaient sur le sol, comme l’écho de l’euphorie
indescriptible que l’on éprouve à être un homme »,
Carlos Castaneda, L’herbe du diable et la petite fumée
« Vulnerant omnes, ultima necat », avions-nous écrit en titre de notre dernier billet au lendemain de la mort de Claude Lévi-Strauss. Cette locution latine, dont la traduction serait : « Toutes blessent, la dernière tue », et qui correspond à l’inscription traditionnelle sur les cadrans des Heures, a fait l’objet d’un commentaire extrêmement révélateur. « C’est vrai que la citation était un peu too much... » Il convient d’ajouter que ce commentaire a été écrit après que nous ayons nous-mêmes changer la citation en un « Farewell » plus sobre. Deux observations : le commentaire ayant eu lieu après la modification, nous sommes en droit de penser qu’auteur et commentateur ont eu le même réflexe, et que le commentaire n’est donc que la formulation visible du changement de titre effectué par l’auteur. Pour le dire autrement : auteur et commentateur ont ressenti la même chose (que nous tenterons de définir ultérieurement) face à la même phrase, ce que le texte du commentaire résume parfaitement bien, et c’est pourquoi nous l’avons changé par la suite.
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Monday, November 23, 2009
M. Propre
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Wednesday, November 04, 2009
Farewell
" La nuit où nous tâtonnons est trop obscure pour que nous n'osions rien affirmer à son sujet : pas même qu'elle est destinée à durer", Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques
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Sunday, November 01, 2009
Donoma ("le-soleil-est-là", tribu des Omahas)
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Sunday, March 29, 2009
Extrait Journal de terrain: Des considérations sur la culture, parade d’ouverture de Lille 3000.

« Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison »
Aldous Huxley
Samedi 14 mars. À 19 heures, le centre de Lille est noir de monde. Sur la rue Faidherbe, les poupons démoniaques trônent sur leurs autels de béton. Des ballons illuminés flottent sous la bise et éclairent par intermittence les visages des gens. On se presse sur les marches de l’Opéra, le long de la rue des Manneliers, autour de la Grand Place. On joue des coudes, on se fraie un chemin parmi la masse, on se bouscule gentiment, l’heure est à l’émerveillement. Puis, la gare s’enflamme, des jets de feu bondissent au-dessus de l’horloge tandis qu’un mannequin gigantesque tout droit sorti de Métropolis commence à se frayer un chemin au milieu de la foule. Les appareils photo crépitent, chacun y va de son gadget pour immortaliser la scène. Des chars forment la suite du cortège : musiciens ambulants dignes du No Smoking Orchestra de Kusturica, acrobates suspendus aux mailles d’une énorme boule en mâchefer, percussionnistes tambourinant à plusieurs mètres d’altitude. Les bâtiments, éclairés de pastels multicolores, brillent dans la nuit : l’Opéra se drape de reflets lilas, la vieille bourse d’éclats mauves, la déesse de la Grand Place de feux follets indigo. Les façades de La Voix du Nord et du Furet du Nord étincellent sous les éclairages bleutés des projecteurs, tandis que le dernier char, celui de la Turquie, se faufile vers la rue Nationale. Debout dans un coin, un gros DJ chauve mixe sur ses platines. Les enceintes crachent de la musique électronique, de lourdes basses tressautantes, à peine masquées par une mélodie d’oud ou de luth qui tente de donner une note orientale à la prestation. Devant le DJ, une danseuse orientale se trémousse sous les vivats de la foule, accrochée à un des quatre poteaux du char. On est censé y voir l’Orient, je n’y vois qu’un certain Orient, celui de l’Occident.
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Sunday, March 01, 2009
Docteur Folamour, une approche constructiviste du tabou nucléaire

Réalisé en 1964 par Stanley Kubrick, Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe est révélateur de la prépondérance du tabou nucléaire au sein de la société américaine au début des années 60. Satire de la guerre froide, dénonciation de l’incompétence politique et militaire, caricature d’un régime qui a recyclé au plus haut niveau de son état-major d’anciens scientifiques nazis, le film de Kubrick permet aussi une analyse des représentations culturelles liées à l’arme atomique dans l’Amérique post-Kennedy. Dans cette analyse, il s’agira d’illustrer le concept de tabou en matière nucléaire, c’est-à-dire selon le schéma du bottom-up(depuis la société civile aux organes politiques), et de le circonscrire à une œuvre culturelle afin d’en établir la fonctionnalité. En appliquant l’interdit sur un support que nous croyons être représentatif d’un cadre culturel, nous postulons en faveur d'une démonstration qui ne cantonne pas simplement le nucléaire à une question relevant du gouvernement mais bien de la société dans sa globalité. Nous verrons ainsi que le tabou, contrairement à une approche traditionnelle, n’est pas le monopole d’un groupe restreint (qui l’activerait ou le désactiverait en fonction de ses intérêts), mais bien un ensemble de croyances partagées par des individus et qui, présentement, explique la diffusion massive d’une valeur morale jusqu’au plus haut sommet de l’état, alors que celui-ci tentait justement de s’en prémunir.
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Saturday, February 21, 2009
Odysseum: eden à l'est
Odysseum, quartier situé dans la zone est de Montpellier, est en cours de construction depuis 1998. Entre les chantiers et les grues transitent journellement des centaines de familles en mal de divertissement. En 10 ans, Odysseum est devenu le coeur des activités de loisirs de l'Hérault. Karting, multiplex bowling, aquarium, planétarium, patinoire... autant de petits paradis pour les bambins.
Mais derrière cette apparente idylle, assurée par un service sans faille, se cache un projet d'extension de la ville vers la mer. Une extension à tout prix.
Fierté de l'ancien maire, Georges Frêche (aujourd'hui président de l'agglomération), Odysseum est avant tout un territoire sans âme, un Disneyland local en carton pâte, où les gens se croisent sans se rencontrer, où le kitsch et la soif du profit règnent en petits rois.
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Sunday, January 11, 2009
Léonce et Léna
On peut s'y perdre dès les premiers instants et ne rien comprendre. Il faut s'y perdre, pour comprendre. Vivre l'histoire comme elle vient. Sans a priori. Se nourrir du texte, des mots, des expressions. Face à nous, de jeunes gens avides de tout. De liberté, surtout. Loufoque à en mourir de rire, cette pièce de Büchner, mise en scène par Céline Champinot, réussit son coup. Elle pose des questions. Elle interpelle. Du théâtre, rien d'autre.
Du 6 au 9 janvier 2009 à 20h au Théâtre du Centre d'Animation des Halles, Place Carrée.
Et prochainement : juin 2009.
"Léonce et Léna", de Georg Büchner.
Mise en scène : Céline Champinot, assistée de Solange Wotkiewicz. Costumes/Graphisme : Fanny de Montmarin Lumière : Pierre Daubigny Compagnie "Groupe La Galerie".
Avec : Thomas Favre, Pierre-Antoine Chevalier, Adrienne Winling, Maëva Husband, Guillaume Barbot et Adeline Kohl.
Promotion 2008 de l'ESAD, Ecole Supérieure d’Art Dramatique de la ville de Paris, sous la direction de Jean-Claude Cotillard.
http://www.la-galerie-theatre.org/
(photos/Laura Esnault)
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Wednesday, November 05, 2008
Ma rue
Ma rue n’a aucune prétention. Elle est terne et grise et un puis un peu vieille, peut-être. On y trouve ce qu’on peut y trouver dans n’importe quelle rue un peu sale de n’importe quelle ville pas vraiment propre. Des bouts de choses, des bribes de rien un peu grasses qui sans doute dissimulaient les rondeurs d’une viennoiserie quelconque. Des mégots jonchent le bitume, certains brûlés jusqu’au goudron, d’autres tout juste fumés, du bout des lèvres. On y croise des rebus en formes d’anagrammes, des tessons de bouteilles quelque peu mystérieux, des runes cachées sous des emballages lyophilisés, des énigmes insolubles, comme le destin de cette chaussure sans lacets. On y voit des petites histoires faméliques, sevrées au silence, comme celle de la façade du numéro 22.
Certains regardent ma rue d’en haut, accoudés au balcon, d’autres la regardent de haut, dressés sur l’asphalte, car elle peut être triste, pauvre, chiche, mal fagotée, malheureuse, sans doute. On la piétine, on la foule de mille et un pas sans jamais y laisser la moindre empreinte, on l’emprunte pour aussitôt bifurquer à droite ou à gauche, vers le boulevard ou l’artère. Ma rue est un lieu de passage, une obligation que la ville impose au piéton, presque par procuration. On en suit le dessin, rectiligne et droit, comme découpé au cordeau dans un bout de goudron, qui sépare un immeuble d’un autre, une rive d’une autre. Entre ces deux horizons, une langue : le macadam. Idiome étrange aux voyelles écorchées et aux consonnes caduques, on s’y éraille facilement la glotte quand on y évoque le pavé.
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L'Homme nu
«Là où tu cherches l’Interdit, tu trouveras le gémissement des arbres morts »
L était sur sa terrasse, sirotant une bière Heineken (The Original Quality, since 1873), lorsque la chose la plus étrange du monde se produisit.
L décompressait après sa journée de travail quand une force sans appel s’abattit sur lui.
Au moment d’accomplir son petit rituel du soir, à savoir : fumer une Camel (Class A cigarettes, since 1913) sur sa terrasse à la conclusion d’un bon repas, L perdit possession de son corps. Les muscles de son cou se rompirent et son menton vint s’écraser contre son torse.
Il se recroquevilla sur sa chaise et la cigarette qu’il tenait entre son index et son majeur tomba dans la flaque de bière, formée préalablement par sa Heineken brisée sur le béton sale et sombre. Un “ptsss” résulta de cette alchimie froideur-chaleur et remonta à ses oreilles.
Après une journée comme les autres, soit un temps compris entre 8h45 du matin et approximativement minuit (heure variant en fonction de l’humeur de L, son intéressement au programme télévisuel consommé, son degré de fatigue, de nervosité, etc.), L se retrouva dans une position particulièrement délicate, pour ne pas dire grotesque, qui donna lieu à un ricanement incontrôlé, signe extérieur d’une angoisse non maîtrisée. Ce dernier se transforma rapidement en cri, ou plus précisément un râle aigu et inintelligible qui s’échoua contre les parois de sa résidence. Conscient de l’inutilité de son acte, il abandonna à la troisième tentative.

Entre le présent.
Le temps passe. Les minutes deviennent des heures et les heures abîment la patience de L, réduit désormais à l’état de mollusque. Une fleur rabougrie qui finit de faner.
Son corps, victime de la gravité, est tiré vers le bas. Ce n’est plus qu’une question de secondes avant la chute.
L glisse de sa chaise. Il va tomber. Le sol est à dix centimètres de son visage. L est en train de tomber. Son visage se contracte. Il tombe. Ses mains touchent le sol. L est tombé. Mais dans sa chute, il parvient à déjouer sa paralysie et pivote de manière à rouler par terre au lieu de s’affaler. Au même moment, une force nouvelle le soulève. Il atterrit miraculeusement sur ses deux jambes, tel un gymnaste à la retombée d’un triple saut périlleux.
À peine rétabli, il se précipite sur son téléphone portable (Samsung E-900 noir, série limitée) et fait défiler son répertoire. Mais qui appeler ? qui le croira ? personne évidemment…
Ramené à la raison, L se dirige vers son bureau et allume l’ordinateur, convaincu que l’écriture apporte davantage de crédit aux histoires incroyables.
Le clavier blanc de son Macintosh (n° de série KY54701UKUB8A) se met en branle. L compose instinctivement : les mots s’entremêlent, certains sont d’une extrême justesse, d’autres plus maladroits. Mais le récit prend forme et son absurdité, sens.
Sous le poids de la fatigue, l’auteur born again ne flanche pas. Il est maintenant sur le point de conclure. Le moment est venu d’accoucher du Mot-Monde, apparu comme une vision pendant sa chute.
Alors qu’il va enfoncer les touches de la Vérité, L sent comme une main qui effleure sa nuque et remonte dans ses cheveux. La seconde d’après, il s’effondre sur son clavier.
Par-dessus son épaule, on peut voir le récit progresser sur l’écran lumineux de l’ordinateur : un ensemble de petites cases ouvertes alignées en rangs serrés qui figure en réalité une seule et même lettre répétée à l’infini :
LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL
LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL LLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL….
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Friday, August 01, 2008
L'homme aux 34 festivals
Marc Enguérand a deux passions dans la vie : la photo et le théâtre. De la première, il en fait son métier à l'âge de 16 ans, mais c'est un peu par hasard qu'il découvre la deuxième. Sa compagne de l'époque l'emmène un soir au théâtre. L'émotion des comédiens, la beauté de la mise en scène et le jeu des lumières opèrent immédiatement leurs charmes sur le jeune photographe qui se dit alors " ce serait génial de photographier ça ! "
Dix jours plus tard, il débarque à Avignon, son appareil photo sous le bras et les poches dégoulinantes de pellicules. Nous sommes en 1973. La même année, il crée sa propre agence, la CDDS, qui alimentera les plus grands journaux français, dont Le Monde.
Très vite, il se forge une notoriété à la Cour d'Honneur, où se jouent les pièces du "In", et devient maître à capturer les émotions de la scène. Très proche des gens du théâtre, il photographie de nombreuses stars dont Jeanne Moreau, qui l'appelle "mon photographe russe", en raison d'une première rencontre à Moscou.
"À l'époque, c'était beaucoup plus festif et surtout moins fliqué. On était plus libre dans notre travail. On faisait mousser le champagne Chez Hélène, un restaurant qu'on avait pris d'assaut, et ça dégénérait toujours !", se rappelle le photographe, un brin nostalgique.
Côté boulot, ce n'est plus ce que c'était. L'arrivée du numérique et la déroute de 2003, quand le festival a été annulé pour cause de grèves des intermittents du spectacle, ont amorcé des changements profonds. "Les journaux se soucient moins de la qualité des photos que de leur gratuité et le festival a perdu son monopole au profit d'autres évènements", regrette-t-il. "J'ai très vite senti que le jouet était cassé".
Aujourd'hui, s'il vient toujours au festival, ce n'est que pour quelques jours. Pourtant, la joie des retrouvailles est intacte. Un projet lui tient désormais à coeur : à 58 ans, Marc Enguérand voudrait constituer un archivage de photos à taille européenne. Son agence compte à elle seule plus de 10 millions de photos qui demandent à être numérisées et répertoriées. Un travail herculéen mais " nécessaire " d'après le photographe qui veut bâtir " un grand musée du spectacle, afin de garder une trace de notre mémoire ".
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Monday, July 21, 2008
Décroissance au beurre

Une cycliste et une automobiliste (en 4x4) contraintes de faire du co-voiturage, la question de l'économie solidaire internationale ou encore l'articulation des actes du citoyen avec les actes à l'échelle planétaire. Au cours de trois scènes où se marient absurde, humour et émotion, deux comédiennes visitent les concepts de développement durable et de décroissance.
Un feu d'artifice verbal pertinent où le langage dérape, où les masques tombent, permettant notamment de confronter le point de vue du politique et de l'individu. Une pièce engagée à l'heure où tout le monde parle d'éco-citoyenneté sans vraiment savoir le pourquoi du comment.
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Miss Knife

Plus encore que sa création, Miss Knife c’est lui, Olivier Py. Aussi Dominique Davin avait-il des doutes. Accepterait-il de lui confier ce personnage ? Eh bien oui ! Du moment que c’est une femme qui joue le rôle, il lui a donné carte blanche. Le metteur en scène n’en est pas peu fier. Il voue un véritable culte à ce touche-à-tout de génie, comédien, metteur en scène, écrivain qui a aussi étudié la philosophie et la théologie, et assume toutes ses contradictions, « catholique et homosexuel revendiqué ».
Il s’est immergé dans son œuvre. Olivier Py avait dit : « Miss Knife est en quelque sorte la comédie satirique de l’ensemble de mon œuvre ». Dominique Davin a repris cinq de ses pièces dont il a choisi des extraits pour en reconstituer une, d’une durée d’une heure et quart. En face de Miss Knife, une clownesse et un ange. A moins que ce soit un jeune homme ? Toute la pièce est construite sur l’ambiguïté. La clownesse ne se comporte pas vraiment comme un clown. Tombée amoureuse, elle se fait sexy, échoue, se virilise, tandis que le jeune homme se féminise...
Au centre, règne Miss Knife, autoritaire, dominatrice, avec ses chansons envoûtantes. Elle aimerait bien rencontrer quelqu’un qui serait à sa hauteur. Mais tout le monde s’écrase, devant elle ! Pourtant, petit à petit, apparaît la fêlure, la sensibilité. La manipulatrice va se laisser toucher. Mais au fait, où est-on ? Dans un cabaret ? Dans un cirque ? Un lieu mythique ? « Tout est faux, ici… » Sauf la solitude, peut-être. (A.C.).
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Hymnus

Cela n'a rien d'un appartement propret. Bien au contraire. Madame concocte un semblant de café. Monsieur émerge d'une nuit bien trop arrosée. Dans un rituel permanent, ce couple sent la misère à plein nez. Une misère économique, sentimentale et affective, au moment où la Roumanie, qui à peine sortie de la dictature, se soumet aux normes de la nouvelle Europe. Des cas sociaux presque indésirables, pris en charge par tout ce qui les entoure et les étouffe, des voisins aux services humanitaires en passant par la police.
Un gros coup de massue sur la tête pour le spectacteur qui ressort du Bourg Neuf en se disant que l'atmosphère est plombée de tristesse.
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Friday, July 18, 2008
A Love Supreme!

Crédits photo: Claire Besse.
Désireux d’échapper à la clameur avignonnaise pour un temps, la Cie Ultima Chamada nous entraîne dans les sous-sols feutrés d’un club de jazz new yorkais. Accoudé sur le zinc, la main collée à son verre de scotch, le patron évoque sa “rencontre bouleversante” avec John Coltrane, alias “J.C”. À sa droite, dans une alcôve tamisée, un trio de jazz joue les célèbres compositions du “Sorcier”. Soudain, c’est toute la chaleur suffocante de l’époque qui revient, exaltée et incandescente. Entre deux interludes musicales, le conteur évoque la vie de Coltrane au travers de la sienne et de ses moments inoubliables où leurs routes se sont croisées.¶
Un très bel hommage orchestré par Luc Clémentin à cet artiste longtemps incompris qui se sacrifia à son art, pour toucher du bout de son inépuisable saxophone “l’amour du monde, un amour suprême”.
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