Monday, March 29, 2010

"No Sarkozy Day": beaucoup de bruit pour rien ?




Quelques photos du "No Sarkozy Day" organisé le samedi 27 mars 2010 à Paris et en province. Inspiré du "No Berlusconi day", le mouvement français n'a pas rencontré le succès de son homologue italien qui avait réuni 350 000 personnes à Rome en décembre dernier. Malgré une forte mobilisation du groupe sur Facebook (plus de 380 000 membres), l'objectif des 50 000 personnes est loin d'être atteint puisqu'on en dénombrait à peine un millier rien que pour la capitale. Malgré le buzz, l'opération a connu un joli flop. Mais les organisateurs appellent déjà à poursuivre le mouvement le 8 mai. De quoi méditer sur les erreurs de ce premier coup qui tenait plus de la joyeuse bamboche que de la franche mobilisation.

  • Interview de Benjamin BALL, un des responsables de l'opération, quelques jours avant le "No Sarkozy day": 

Wednesday, March 24, 2010

Manifestation interprofessionnelle du 23 mars


Retrouvez le reportage sur RTL Témoins.

Saturday, March 20, 2010

Western


Monday, January 11, 2010

Comme le corbeau, le renard et la musaraigne




Froide est la campagne l’hiver. Les arbres sont nus ; les branches écorchées. Le ruisseau gelé et la glace fendillée. Une trace dans la boue fraîche ; renard, corbeau, musaraigne : la vie laisse toujours quelque chose derrière elle. Et les feuilles sont grasses, grosses de vase, pleines d’alluvions que le courant charrie comme un fétu de bourbe. Mes bottes s’enfoncent elles aussi, elles ne sont qu’une empreinte de plus. Demain, la pluie les aura complètement lavées. Mon passage sur ces terres est éphémère ; je cherche quelque chose, mais quoi ? Une réponse  à une question ? Non. Je ne suis pas philosophe pour deux sous. Le hasard – ou le destin – m’a fait naître les deux pieds bien sur terre. Simplement, mes racines sont là, à même le sol, sous la couche de glaise. Pourtant... Pourtant quoi ? Pourtant, rien. Je traverse le paysage comme le renard, le corbeau et la musaraigne ; ceci n’est plus mon territoire.

Sunday, November 29, 2009

Fin de saison

Tuesday, November 24, 2009

De l'emploi du latin : quelques considérations sur la valeur et les usages d'une langue morte



« J’étais conscient de chacun de mes pas.
Ils sonnaient sur le sol, comme l’écho de l’euphorie
indescriptible que l’on éprouve à être un homme »,
Carlos Castaneda, L’herbe du diable et la petite fumée

« Vulnerant omnes, ultima necat », avions-nous écrit en titre de notre dernier billet au lendemain de la mort de Claude Lévi-Strauss. Cette locution latine, dont la traduction serait : « Toutes blessent, la dernière tue », et qui correspond à l’inscription traditionnelle sur les cadrans des Heures, a fait l’objet d’un commentaire extrêmement révélateur. « C’est vrai que la citation était un peu too much... » Il convient d’ajouter que ce commentaire a été écrit après que nous ayons nous-mêmes changer la citation en un « Farewell » plus sobre. Deux observations : le commentaire ayant eu lieu après la modification, nous sommes en droit de penser qu’auteur et commentateur ont eu le même réflexe, et que le commentaire n’est donc que la formulation visible du changement de titre effectué par l’auteur. Pour le dire autrement : auteur et commentateur ont ressenti la même chose (que nous tenterons de définir ultérieurement) face à la même phrase, ce que le texte du commentaire résume parfaitement bien, et c’est pourquoi nous l’avons changé par la suite.

Monday, November 23, 2009

M. Propre




Il y a un arrière-goût de sang sur ses gencives. Un relent amer et gras et légèrement salé. Quelque chose qui crisse entre ses dents. Il crache et ce qui sort de sa bouche est noir et épais et s’écrase contre la moquette. C’est de la bile que son foie a secrété depuis les profondeurs de son estomac. Quelque part dans au fond de ses entrailles quelque chose ricane. Lui ne l’entend pas, il a les oreilles tirebouchonnées par les chiffons du silence. Alors, il ouvre les yeux et ce qu’il voit ne l’étonne pas, car rien ne l’a jamais étonné. Pas plus le sang qu’il a sur le corps que le sang qui s’étale en couches épaisses sur les murs et sur les draps pas plus que le corps qui gît à ses pieds et dont il manque une partie de la boîte crânienne pas plus que l’odeur de poudre qui lui chatouille les narines. Non, il ne fait pas partie de cette catégorie de gens que l’imprévu laisse sur le cul, lui est fils de l’imprévisible, enfanté par le hasard et mis au monde dans les langes de l’incertitude. Certains diraient qu’il est un monstre à se tenir là, debout et immobile devant un cadavre. Il n’en sait rien et ne veut d’ailleurs pas le savoir. Il a assez à penser comme ça. Sa conscience ne lui murmure plus rien depuis longtemps. Et de la morale, il n’en a jamais eu, c’est pour les faibles. Lui n’est pas particulièrement fort. S’il devait se vanter de quoi que ce soit, mais il ne le ferait pas car il ne parle jamais, alors peut-être qu’il dirait que sa seule vertu est encore sa circonspection qu’il juge froide et implacable. Car il n’est pas là pour tergiverser, ce n’est pas son rôle. Son rôle est parfaitement délimité par un contrat dont il n’est pas l’auteur et qu’il n’aurait probablement jamais écrit de toute façon. Il tient un peu de mots alignés sur quelques lignes comme des condamnés sur le peloton d’exécution. Ça ne lui plait pas forcément, il aurait préféré faire autre chose de sa vie que ce qu’il fait mais on ne choisit pas toujours d’endosser le costume du destin et lui, lui n’a jamais été à l’aise dans la soie et la flanelle et la vie l’a mal coupé de toute façon, d’ailleurs il y a des fils qui s’échappent de ses coutures et il n’a jamais rien fait pour empêcher les mites de le grignoter. Il ne se considère pas plus chanceux que le cadavre à ses pieds, d’une certaine manière il ne l’est pas. Son existence est à ce prix et il ne se croît pas plus heureux que qui que ce soit. Il n’y a pas d’explications empiriques à cela, il est ce qu’il est, tout simplement et tant pis pour lui.

Wednesday, November 04, 2009

Farewell

" La nuit où nous tâtonnons est trop obscure pour que nous n'osions rien affirmer à son sujet : pas même qu'elle est destinée à durer", Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques

Sunday, November 01, 2009

Donoma ("le-soleil-est-là", tribu des Omahas)


Lui, il est peut-être mort. Sans doute plus trop vivant. Pour l’heure, il n’est qu’un corps abîmé sous plusieurs couches de vêtements sur un morceau de bitume. À cent mètres au-dessus de sa tête, un vautour plane. Lui-même ne sait pas ce qu’il convient de faire. Sous son bec, la chair vivante a pourtant bien l’air morte. Pour l’heure, il attend encore.

À force de grogner, il a perdu deux dents. Il les aperçoit à peine derrière le voile rouge qui barre sa cornée. Il se sent un goût de mâchefer dans la bouche, quelque chose de froid, de métallique, d’implacable. Peut-être va-t-il cracher le plomb qu’il a dans la gorge. Mais, il n’y croit pas trop. Il est logé à trop bonne enseigne dans sa trachée.

Comment est-il arrivé là ? L’histoire ne le dit pas. Va-t-il mourir ? L’histoire ne le dit pas non plus. Il n’est ni vraiment mort ni tout à fait vivant. Il est simplement un peu de chair et un peu d’espoir sur une route que plus personne n’emprunte depuis dix siècles. Peut-être qu’il a le soleil pour unique compagnon, ça lui dirait bien à lui, le soleil. Peut-être est-il tout seul, à part le vautour qui tourne là-haut mais qui va bientôt mourir. À vrai dire, il ne le sait pas et l’histoire non plus.

Tuesday, October 20, 2009

"Un peu d'Eire ça fait Dublin*"

* : titre emprunté à IDF Médias

Friday, October 09, 2009

Vrac

Wednesday, June 17, 2009

Panneaux





Sunday, March 29, 2009

Extrait Journal de terrain: Des considérations sur la culture, parade d’ouverture de Lille 3000.




« Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison »
Aldous Huxley

Samedi 14 mars. À 19 heures, le centre de Lille est noir de monde. Sur la rue Faidherbe, les poupons démoniaques trônent sur leurs autels de béton. Des ballons illuminés flottent sous la bise et éclairent par intermittence les visages des gens. On se presse sur les marches de l’Opéra, le long de la rue des Manneliers, autour de la Grand Place. On joue des coudes, on se fraie un chemin parmi la masse, on se bouscule gentiment, l’heure est à l’émerveillement. Puis, la gare s’enflamme, des jets de feu bondissent au-dessus de l’horloge tandis qu’un mannequin gigantesque tout droit sorti de Métropolis commence à se frayer un chemin au milieu de la foule. Les appareils photo crépitent, chacun y va de son gadget pour immortaliser la scène. Des chars forment la suite du cortège : musiciens ambulants dignes du No Smoking Orchestra de Kusturica, acrobates suspendus aux mailles d’une énorme boule en mâchefer, percussionnistes tambourinant à plusieurs mètres d’altitude. Les bâtiments, éclairés de pastels multicolores, brillent dans la nuit : l’Opéra se drape de reflets lilas, la vieille bourse d’éclats mauves, la déesse de la Grand Place de feux follets indigo. Les façades de La Voix du Nord et du Furet du Nord étincellent sous les éclairages bleutés des projecteurs, tandis que le dernier char, celui de la Turquie, se faufile vers la rue Nationale. Debout dans un coin, un gros DJ chauve mixe sur ses platines. Les enceintes crachent de la musique électronique, de lourdes basses tressautantes, à peine masquées par une mélodie d’oud ou de luth qui tente de donner une note orientale à la prestation. Devant le DJ, une danseuse orientale se trémousse sous les vivats de la foule, accrochée à un des quatre poteaux du char. On est censé y voir l’Orient, je n’y vois qu’un certain Orient, celui de l’Occident.

Sunday, March 01, 2009

Docteur Folamour, une approche constructiviste du tabou nucléaire


Réalisé en 1964 par Stanley Kubrick, Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe est révélateur de la prépondérance du tabou nucléaire au sein de la société américaine au début des années 60. Satire de la guerre froide, dénonciation de l’incompétence politique et militaire, caricature d’un régime qui a recyclé au plus haut niveau de son état-major d’anciens scientifiques nazis, le film de Kubrick permet aussi une analyse des représentations culturelles liées à l’arme atomique dans l’Amérique post-Kennedy. Dans cette analyse, il s’agira d’illustrer le concept de tabou en matière nucléaire, c’est-à-dire selon le schéma du bottom-up(depuis la société civile aux organes politiques), et de le circonscrire à une œuvre culturelle afin d’en établir la fonctionnalité. En appliquant l’interdit sur un support que nous croyons être représentatif d’un cadre culturel, nous postulons en faveur d'une démonstration qui ne cantonne pas simplement le nucléaire à une question relevant du gouvernement mais bien de la société dans sa globalité. Nous verrons ainsi que le tabou, contrairement à une approche traditionnelle, n’est pas le monopole d’un groupe restreint (qui l’activerait ou le désactiverait en fonction de ses intérêts), mais bien un ensemble de croyances partagées par des individus et qui, présentement, explique la diffusion massive d’une valeur morale jusqu’au plus haut sommet de l’état, alors que celui-ci tentait justement de s’en prémunir.

Thursday, February 12, 2009

Manifestation LRU

Monday, January 05, 2009

Winter Shots

Wednesday, December 10, 2008

In Bruges

Tuesday, November 25, 2008

Première neige, alternate take

Sunday, November 23, 2008

Première neige

Wednesday, November 05, 2008

Ma rue

Ma rue n’a aucune prétention. Elle est terne et grise et un puis un peu vieille, peut-être. On y trouve ce qu’on peut y trouver dans n’importe quelle rue un peu sale de n’importe quelle ville pas vraiment propre. Des bouts de choses, des bribes de rien un peu grasses qui sans doute dissimulaient les rondeurs d’une viennoiserie quelconque. Des mégots jonchent le bitume, certains brûlés jusqu’au goudron, d’autres tout juste fumés, du bout des lèvres. On y croise des rebus en formes d’anagrammes, des tessons de bouteilles quelque peu mystérieux, des runes cachées sous des emballages lyophilisés, des énigmes insolubles, comme le destin de cette chaussure sans lacets. On y voit des petites histoires faméliques, sevrées au silence, comme celle de la façade du numéro 22.
Certains regardent ma rue d’en haut, accoudés au balcon, d’autres la regardent de haut, dressés sur l’asphalte, car elle peut être triste, pauvre, chiche, mal fagotée, malheureuse, sans doute. On la piétine, on la foule de mille et un pas sans jamais y laisser la moindre empreinte, on l’emprunte pour aussitôt bifurquer à droite ou à gauche, vers le boulevard ou l’artère. Ma rue est un lieu de passage, une obligation que la ville impose au piéton, presque par procuration. On en suit le dessin, rectiligne et droit, comme découpé au cordeau dans un bout de goudron, qui sépare un immeuble d’un autre, une rive d’une autre. Entre ces deux horizons, une langue : le macadam. Idiome étrange aux voyelles écorchées et aux consonnes caduques, on s’y éraille facilement la glotte quand on y évoque le pavé.

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