Monday, May 12, 2008

A l'anonyme

J’ai les paupières collées
C’est mon cœur qui bat de l’œil
La sciure a la langue amère
Quand elle zozote dans la nuit

J’ai les peaux un peu pelées
C’est ma rate qui s’effeuille
La neige a un relent de madère
Quand elle brûle sans bruit

Je voulais écrire un haïku
Mais j’ai la chute délicate
Comme un baiser mou
Sur une lèvre écarlate


Alors je verse toujours
Je prise encore les mots
Comme un fumeur son amour
Par les mégots de ses os

Tu sais, le Poète
N’est qu’une ombre
Une espérance désuète
Aux yeux trop sombres

Il lui faut vivre seul
Parmi les hommes
C’est son linceul
Le prix de sa besogne

Rien de bien extraordinaire
Il n'est que de la terre
Au souffle trop poussiéreux
Comme le rêve des pieux

Mais avant de partir
Il emportera ton rire
Pour unique souvenir
En espérant ne jamais le salir

Parce que j’ai les paupières fermées
Et que tu n’en danse pas moins
Sous mes soleils fatigués
Comme une ombre sur mes reins

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