Tuesday, November 21, 2006

Les Ventres



On ribote dans ces troquets
Bercés de buée et de trophées
Ode à nos pieds et à nos fesses
Que l'on traîne en toute paresse
A l'arrière d'une boutique
Aux étoffes d'alambics
Entre un poulet et une frite
Un bock et une truite
Dans la saveur de ces graisses
Où mollement l'on se délaisse
La pipe rivée à la bouche
Soufflant comme une souche
Qui cracherait quelques coriandres
Entre ces moules de Flandre
A la digestion trop salée
A l'iode trop huilé
Pausons un instant la rimaille
Car voilà les victuailles
Dont les cuisses fières
Bouillonnent sur nos cuillères
Et dont les fragrances écarlates
Chantonnent déjà contre nos rates
Piquons donc de la fourchette
Dans cette aile aigrelette
Ou dans ce gibet arrogant
Qui sourit béatement
A son voisin de noyade
Cette belle et noble dorade
Les fumées s'estompent
Et les estampes se trompent
L'une l'autre entre ces gloutons
Ces avortons des quatre saisons
Qui piochent et piquent
Deux feuilles de colchique
Qu'ils trempent dans ce calice
Aux armoiries de délice
Le ceinturon dégrafé
La main sur la carafon débouché
L'autre vagabonde
Entre les rotondes
Des assiettes et des coulis
Dont l'on se fait un lit
De framboise et de poires
Dans lequel ce soir
Siffleront les prudes pétulances
De nos triomphantes flatulences

 

1 Comment:

Phantasia said...

Frais!

s